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Manifestation du 13 janvier. Récit d’une militante.

Samedi 13 Janvier 2007. 17H30, rendez-vous devant Atocha, la gare centrale de Madrid. A pied nous nous dirigeons vers Colón (place de Christophe Colomb) pour rejoindre le départ de la manifestation prévu à 18h00 et convoquée par l’association équatorienne et les syndicats espagnols. A contre courant puisque le trajet se fera en sens inverse : Plaza de Colón à Puerta de Alcalá. C’est court, trop court pour les deux vies qu’a coûtées l’attentat du 30 Décembre 2006, au Terminal 4 de Barajas flambant neuf, en cette période de fête. Peu à peu le flot se densifie, l’espace se réduit, nous arrivons au but : 174 824 participants selon la délégation du gouvernement socialiste (PSOE) de José Luis Rodríguez Zapatero. Les pancartes se dressent fièrement « pour la paix, la liberté, la vie et contre le terrorisme». Le slogan a du être changé à la dernière minute pour satisfaire le PP, parti de l’opposition de droite (trop à droite), qui mettait comme condition à sa participation l’ajout du mot « Liberté » (qui n’avait pourtant jamais figuré dans les slogans des manifestations organisées par la droite) à la convocation de la manifestation. Malheureusement, pour Mariano Rajoy, son leader, le but de cette manifestation n’était pas encore assez clair pour autoriser ses militants à rejoindre le cortège. Les deux victimes (d’origine équatorienne), la volonté d’en finir contre le terrorisme d’ETA et la Paix ne suffiront pas au Parti Populaire pour qu’il se sente concerné par cet acte de soutient et qu’il appuie enfin le gouvernement. Car ne nous trompons pas, si les absents ont toujours tort, le Parti Populaire lui, maintient sa position : opposition à toute proposition du PSOE, absence de dialogue avec ETA, bref il refuse son soutient au gouvernement en place et donne l’impression d’avoir attendu avec impatience cet attentat qui rompt le cessez-le-feu décrété par ETA. Bien que la politique du PP n’eut guère porté ses fruits durant leur deux mandats consécutifs, le PSOE, lui, n’hésita pas à appuyer le gouvernement en place afin de lutter contre le terrorisme d’ETA, et à appeler ses militants à participer aux manifestations convoquées par le gouvernement d’Aznar.

Aujourd’hui, au lendemain de la manifestation, les socialistes, soutenus par la totalité des partis politiques espagnols, continuent de demander à Mariano Rajoy l’appui de son parti qu’il refuse. Hier, les espagnols et de nombreuses communautés vivant à Madrid (dont la section du PS), demandaient eux, le respect aux deux victimes en évitant toute politisation que pourraient en faire quelque parti politique que ce soit (ce dont c’est empressé de faire Mariano Rajoy lors de son communiqué du 14 Janvier), l’appui à leur famille, l’unité politique afin de lutter contre le terrorisme d’ETA et surtout le devoir de parier sur la PAIX plutôt que sur la violence

Les slogans spontanés qui parcouraient la foule appuyaient également la politique de J.L.R. Zapatero (« Zapatero, tu n’es pas seul »), et demandaient en vain où se trouvaient Esperanza Aguirre, la présidente de la communauté de Madrid et Le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón (« Où es tu Gallardón ? Gallardón n’est pas là ! »), qui ont oublié leurs devoirs de représentants du peuple madrilène au profit de leur représentation politique du Parti Populaire. Honteuse et inexcusable absence qui, espérons-le, seront sanctionnés par le peuple aux prochaines élections
La manifestation d’hier n’en demeure pas moins un succès car si les leaders de la droite espagnole refusent toujours leur soutient au gouvernement, les populations, elles, ont fait preuve ce samedi d’une incroyable alliance culturelle mais aussi idéologique

Que prétend donc la droite en s’isolant politiquement pour résoudre le problème d’ETA? Le PP refuse non seulement tout dialogue avec ETA mais aussi avec tout dialogue avec le gouvernement socialiste. Quelles solutions propose-t-il ? Aucune

Il est donc essentiel, fasse à cette politique de l’autruche dévastatrice de la droite espagnole, que le Parti Socialiste français et notre candidate à la présidentielle, fasse preuve d’un appui soutenu à la politique actuelle du gouvernement espagnol et d’unir nos forces pour combattre ETA qui ne cesse de puiser ses armes en France.

M. H. – Membre du comité local de campagne de la section PS (FFE) de Madrid.

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