Soutenez le PS

Adhérez au PS

Elections générales en Espagne 20N

Aujourd’hui 20 novembre avaient lieu les élections générales espagnoles. Ils s’agissaient d’élire les députés et sénateurs du parlement. La victoire de la droite (Parti Populaire) confirme les sondages des derniers mois et est pour le moins écrasante et atterrante..
Le parti socialiste (PSOE) et son leader Alfredo Perez Rubalcaba n’a eu aucune chance d’inverser la tendance. Les marchés financiers et la commission européenne ont en effet obligé le gouvernement de Zapatero à centrer ses efforts sur la réduction de la dette publique (para ailleurs beaucoup moins élevée qu’en France ou en Italie), plutôt que d’appliquer des politiques actives d’emploi. Le chômage est en effet la principale préoccupation des espagnols, puisqu’il atteint 21% de la population active, et même plus de 40% chez les jeunes.
On peut noter une percée des petits partis de gauche, comme Izquierda Unida ou UpyD (Union Progreso y Democracia), et des partis nationalistes (basques, catalans et galiciens), qui peut s’expliquer par un rejet des grands partis institutionnalisés. Trois de ces petits partis, y compris Amaiur pourraient former un groupe parlementaire.
Le rôle du mouvement 15M, né à Madrid l’année dernière avant de s’internationaliser, est à débattre. S’il a permit de développer de nouvelles idées pour la démocratie, il n’a eu aucune conséquence électorale, sinon l’abstention favorable à la droite. Le chemin de la prise en compte par les acteurs politiques de ces idées est encore long, semble-t-il.

Le bilan des socialistes au gouvernement

Après 2 législatures au pouvoir, on pourra retenir de nombreuses avancées politiques.
Sociétales d’abord, avec par exemple le droit au mariage pour les couples du même sexe, ou l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés. La régularisation de centaines de milliers d’immigrés installés et travaillant pour les entreprises espagnoles a rétabli les droits et la légitimité de ces personnes. La loi contra la Violence sur les femmes, la Loi sur l’Egalité, la Loi sur la dépendance, pour ne citer que les plus importantes.
Sur le plan social, les minimas (retraite et salaire minimum) ont beaucoup augmenté par rapport à la situation antérieure. D’autre part, une réforme des retraites a brillamment été menée, l’Espagne étant un des rares pays de l’Union Européenne à trouver un accord par la négociation avec les acteurs sociaux (syndicats et patronat). Il garantit le financement des retraites les 20 prochaines années, sans pour autant affecter les actifs actuels, grâce à une augmentation très progressive des recettes de la Sécurité Sociale.
Sans doute un des succès les plus importants a été, enfin, la fin programmée de la violence terroriste au Pays Basque.
Malgré tout, certains sujets importants n’ont pu être résolus, comme l’incapacité à gérer la bulle spéculative du secteur immobilier, avec ses conséquences sur l’emploi et la consommation, une lutte contre la corruption pas suffisamment efficace, ou une demi-réforme du droit du travail pour apaiser les marchés. Les privilèges de l’Eglise catholique toute puissante n’ont pas non plus été débattus.

Les perspectives

Le programme de la droite qui va maintenant gouverner, même s’il a été caché aux électeurs, est clair.
La victoire du PP aux dernières élections régionales en a d’ailleurs donné un parfait avant-goût : coupes budgétaires centrées sur l’éducation et santé, comme on l’a vu de façon drastique en Catalogne, à Madrid ou en Extremadura, ou de nombreux emplois publics ont été supprimés.
De plus, pour répondre aux attentes des marchés financiers voraces, des grandes entreprises et des exigences libérales de Bruxelles, on peut s’attendre à une réforme agressive du droit du travail. Les faveurs aux entreprises devraient transférer une nouvelle fois la richesse produite du travail vers le capital, accentuant les inégalités au mépris de la cohésion sociale.
Enfin, avec le retour au pouvoir des conservateurs, on peut s’attendre à une stagnation, sinon une régression dans le domaine de la libéralisation de la société.

On attend donc, comme l’a d’ailleurs récemment confirmé la porte parole du PP Dolores Cospedal, de nombreuses réformes agressives, et de nombreuses mobilisations sociales dès les prochains mois. Il reste aux syndicats de défendre les droits des espagnols contre la saignée prévue, et au PSOE d’offrir une opposition combative, tout en réussissant sa rénovation pour l’avenir.

Section PS de Madrid (FFE)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.