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Actualité franco-espagnole: 2 façons d’aborder la crise

Chers amis,

L’actualité franco-espagnole, très dense, interpelle les citoyens de gauche à plusieurs titres.

En France, le président de la République vient d’engager le pays dans un conflit au Mali dont l’issue concerne tous les pays de l’U.E – on attend par ailleurs d’eux une contribution plus affirmée. Parallèlement, le redressement des comptes publics après des années de dérapages incontrôlés prend forme, alors que les prédictions apocalyptiques de la droite et de leurs éditorialistes préférés ne trouvent aucun écho dans la réalité. Conformément aux engagements pris, le gouvernement prend des mesures de discipline budgétaire dans le souci de la justice sociale – sans fanfaronnades, sans populisme, sans provocations. François Hollande, sereinement, démontre pas à pas qu’il est l’homme de la situation et que le gouvernement, loin des conflits d’intérêt qui ont marqué l’actualité politique des années 2002-2012, obéit aux seules lois de l’intérêt général.

Dans le domaine de l’éducation d’abord, où a été mis fin à un véritable matraquage des enseignants, qui relevait de la destruction de l’école publique et des principes républicains qui l’inspirent.
Du logement ensuite, où l’accès à la location décente doit être garanti et la spéculation à outrance stoppée.
De la fiscalité également, qui est peu à peu remise à plat dans un souci de justice.
Dans la sécurité enfin, où Manuel Valls a stoppé nette la stigmatisation systématique au profit d’un pragmatisme républicain.

En Espagne, les scandales s’accumulent dangereusement pour la droite au pouvoir. Les 22 millions d’euros trouvés sur différents comptes en Suisse appartenant à celui qui fut des années durant le trésorier du PP font tache. La liste des responsables publics soupçonnés de malversations pendant les pires années de la bulle immobilière s’allonge indéfiniment et l’image qu’elle transmet des activités politiques porte sévèrement préjudice à tous – du militant à l’élu. Pendant que les dirigeants du pays se mobilisent pour éviter toute éclaboussure venant des nombreuses affaires instruites par la justice, les citoyens découvrent chaque jour dans les journaux une nouvelle agression. Les hôpitaux publics sont bradés à des entrepreneurs dont, hasard des hasard, les principaux conseillers et/ou actionnaires sont dirigeants du PP ou de leur famille , les aides sociales (bourses, cantines, transports, aides aux crèches…) sont réduites à peau de chagrin, les salaires des fonctionnaires amputés, les arrêts-maladie non rémunérés, les CDD non reconduits… Dans le secteur privé, la réforme de novembre 2012 a atteint son seul objectif : baisse généralisée des salaires et explosion des plans sociaux. Le retour à la croissance, sans cesse victime de procrastination, finira par succomber à ces excès.

Les recettes suicidaires du FMI, critiquées par François Hollande pendant la campagne, posent question. Olivier Blanchard vient de l’admettre, le FMI avait sous-estimé les conséquences néfastes des excès de la rigueur dans les mesures à prendre face à la crise. La même semaine, le FMI ordonne une nouvelle phlébotomie au pauvre patient portugais, notre cher voisin. Le FMI serait-il devenu schizophrène ? Non. Il est simplement incompétent – et aveuglé aussi par les idéologies ultra-libérales qui soufflent leurs idées dans les couloirs de Washington, Bruxelles, Strasbourg et Londres aux oreilles de décideurs qui valsent si facilement d’un siège privé à une responsabilité publique (à l’image de Luis de Guindos, actuel ministre de l’économie passé par… Lehman Brothers ! Ça ne s’invente pas). Le chemin ouvert par la France irrite certes les éditorialistes de the economist, pourtant les contre-exemples espagnol, portugais et grec sont suffisamment édifiants. Les politiques d’austérité à outrance ne sont qu’un cache-sexe visant à occulter la redistribution de marchés publics entre alliés idéologiques aux ambitions lucratives évidentes.

À la section PS de Madrid, nous attendons donc de la majorité au pouvoir à Paris ainsi que de nos élus à l’A.N et au Sénat la dénonciation systématique des intérêts en jeu derrière les plans d’aide aux pays en difficulté financière. Pendant que l’austérité tue, les vautours rôdent. Il incombe à la France, au nom des principes républicains, de veiller à ce que les citoyens des pays affectés par la crise ne soient pas sacrifiés pour sauver la peau de quelques banquiers.

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