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Bilan d’un an de gouvernement, vu d’ici

Après un an de présidence de François Hollande, il est temps de dresser un premier bilan. En effet, durant cette année, de nombreuses décisions ont été prises, et il faut dire que la communication sur l’action du gouvernement s’est centré sur certains sujets de façon disproportionnée, ce qui a rendu difficile la vision réelle de l’action du gouvernement.
Pour évaluer ce bilan, de nombreuses informations ont été publiées, et beaucoup se sont basées sur les 60 engagements de campagne, avec un niveau de réalisation assez important, sur les sujets qui nous préoccupent le plus. Le fait qu’on utilise les promesses de campagne pour faire un bilan n’est pas si anodin: les medias espagnols n’y ont sûrement pas pensé pour le gouvernement Rajoy.
Mais la réalisation des promesses n’est pas une fin en soi, même si cela est important par rapport à la crédibilité du gouvernement. La question n’est pas seulement si les promesses ont été tenues, mais si elles ont été eficaces, et ce qu’il reste à faire.
Nous avons donc choisi une liste de choses qui ont été faites, qui nous paraissent importantes dans la situation actuelle, avec certainement une perspective ibérique du sujet. Cela nous permet de comparer avec d’autres politiques, tant au niveau des choix de société que des résultats. Non seulement comparer, mais aussi définir une politique à partir des faits accomplis.

Retour à la normale:

• Le parlement fonctionne, avec des débats intenses, y compris au sein de la majorité.
• Le dialogue social est réinstauré. Il y a déjà eu une première conférence avec les partenaires sociaux, et une nouvelle se tiendra les 20-21 juin.
• Le gouvernement est indépendant de la présidence. On note d’ailleurs une certaine liberté des ministres. Tout n’est pas décidé à l’Elysée.
• Le president n’est pas omniprésent dans les médias.

Aspect Social:

• Hausse de 25% de l’allocation de rentrée scolaire, hausse du RSA y SMIC, Livret A
• Loi Duflot sur les logements sociaux: 20->25% logements sociaux dans les villes de + de 3500 habitants (1500 en IdF), sanctions supérieures.
• Sécurite Sociale: retour à la retraite à 60 ans, pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans et ayant les cotisations nécessaires, ce qui réparre l’insjustice dont ils étaient victimes.
• Taxe de 0,3% sur les retraites pour financier l’autonomie.

La bataille pour l’Emploi:

Contrairement au gouvernement espagnol, c’est une priorité. Le gouvernement espagnol, c’est le déficit.
• Contrat de génération: des aides sont proposées aux entreprises ayant des salariés âgés en contrepartie d’embauche de jeunes.
• Les emplois d’avenirs, (150.000, 100.000 de plus en 2013). Ils consistent en des emplois subventionnés pendant 3 ans pour des jeunes non ou peu diplomés, surtout pour les associations et collectivités (secteur non marchand), mais aussi pour certaines entreprises. C’est un investissement pour l’insertion professionnelle, tout en étant un atout indispensable au travail des associations et des collectivités, qui avaient été mises à mal après tant d’année de gouvernement de droite.
• Choc de compétitivité (Pacte national croissance compétitivite emploi):
Credit d’impôts pour les contrats de travail, garanties publiques pour la trésorerie des PME
BPI: capital de 20Mds + 40Mds de capacité de financement.
• Accord national pour l’emploi (janvier 2013):
Cet accord entre les partenaires sociaux montre l’effort que chacun d’entre eux est disposé à faire pour chercher à débloquer le marché du travail et créer de l’emploi. Un compromis entre une certaine flexibilisation du marché favorable aux entreprises et le gain de nouveaux droits pour les salariés a été trouvé et avalisé par le parlement.

• La création d’un Ministère du redressement productif montre la détermination du gouvernement et de son ministre délégué, Arnaud Montebourg, à lutter à chaque endroit où l’emploi est en danger. C’est une tâche ingrate mais plus que nécessaire, et les résultats sont déjà là.

Economie/ Finances
Efforts budgetaires de 30 Mds d’euros. Objectif de déficit poursuivi avec sérieux mais prudence, pour ne pas tomber dans l’austérité dont nous connaissons ici les si néfastes conséquences. Cette objectif est articulé par l’effort de tous, selon ses possibilités:
10Mds d’économie de dépenses publiques, sans toucher à l’essentiel: la Santé et l’Education non pas été impactées.
10mds prélevés sur les entreprises, sauf PME
10mds apportés par les ménages les plus aisés:
Baisse du quotient familial (pour les ménages qui gagnent 6x le smic).
Nouvelle tranche de 45% pour les revenus supérieurs à 100.000 euros.
Impositions des revenus du capital au même niveau que les revenus du travail
Gel du barème, sauf pour les plus modestes.
Droits de successions: baisse des abattements pour les enfants.

Société/ sécurité

Mariage pour tous: il n’est pas nécessaire de revenir sur ce sujet largement commenté par rapport à son incidence sur le quotidien des français. Si ce n’est pour regretter la lamentable attitude de la droite, une nouvelle fois avec l’extrême droite, et son acharnement à rejeter une partie de la population, encourageant la violence contre ce collectif.

Des zones de sécurité prioritaires on été créées pour redonner de la visibilité à la justice dans tous les quartiers, abandonnés par les précédents gouvernement. De plus, 1000 postes seront créés tous les ans dans la gendarmerie, la police et la justice, elles aussi délaissées par la droite, malgré ses grands discours sécuritaires.

A l’étranger:

• Politique extérieure: même si cela peu paraître anodin, on assiste à une normalisation des relations avec les autres dirigeants
• L’intervention au Mali a été faite avec décision, suivant le droit d’ingérence, et a été applaudie par tous.
• Retrait d’Afganistan
• Français de l’étranger: une nouvelle représentation plus proche des citoyens est en marche. Le changement de critères des aides à la scolarité a également commencé, pour palier à l’inconsistence du précédent système, insoutenable et coûteux.
• Politiques européennes: Le président a proposé plusieurs outils pour lutter contre la crise: les eurobonds, un contrôle bancaire européen, une politique d’investissements pour la création d’emploi… sans succès pour l’instant.

Les chantiers en cours et à venir:

  • Non cumul des mandats
  • Vote des étrangers aux élections locales
  • Réformes des retraites
  • 60000 créations de postes d’enseignants sur le quinquennat
  • Conseil européen 27-28 juin
  • Rythmes scolaires

Conclusion

Loin d’être une politique d’austerité, des solutions sont proposées et une bataille pour l’emploi est délivrée. La lutte contre le déficit budgétaire est indispensable, mais pas prioritaire, et pour cela les objectifs ont été revus pour ne pas être contreproductifs.
Malgré tout, on voit que le chômage continue d’augmenter en France. Au moins, les décisions prises pour lutter contre la crise ont le mérite d’avoir commencé du bon côté, et faute d’avoir des effets immédiats, d’autres mesures devront être explorées et mises en oeuvre, notamment à travers de plans d’investissements et de développement.
D’ici, en Espagne, on espère que la priorité à l’emploi, en particularité des jeunes, et à la croissance, s’impose plus à l’Europe.

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