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François Hollande, seul rempart en Europe

Les affaires : l’overdose

À gauche comme à droite, en France comme en Espagne, l’usure des militants pointe. La litanie des noms qui s’enchaînent dans les journaux français et espagnols navre ceux qui croient en la démocratie: Chirac condamné, Sarkozy et Guérini mis en examen, Guéant soupçonné, Cahuzac démissionné, Berlusconi, que l’on ne présente plus, de retour, Bárcenas goguenard, Rajoy pointé du doigt, le PP englué dans ses caisses noires…

À l’heure où plus de vingt millions d’Européens sont sans emploi, où les recettes ultralibérales imposées en Europe conjuguent inégalité et inefficacité, l’accumulation des affaires de corruption dégoûte de plus en plus les électeurs de la politique. Pendant que des ministres allemands démissionnent pour avoir plagié leurs thèses de doctorat, Berlusconi répond devant la justice de ses virées nocturnes avec une mineure. En France, un ministre du budget fait mea culpa pour avoir détenu illégalement un compte en Suisse – effarant. Un ancien président de la République fait des affaires au Qatar, s’immisce dans la vie interne de son parti, et continue cependant à siéger au Conseil Constitutionnel.

Les relents nauséabonds émanant de ces agissements rebutent. Que retiendront les manuels d’histoire de demain ?

La réponse de François Hollande

François Hollande n’a pas été élu uniquement sur la base d’un appel à la justice et à l’égalité sociale. Son mandat est bien plus large. Il s’est aussi engagé sur le renouvellement de la pratique politique.

Comme le soulignait fort justement Arnaud Montebourg, à propos de l’affaire Cahuzac, dans son interview au journal Le Monde du 9 avril, “les défaillances graves d’un homme désormais placé devant sa conscience et la justice ne doivent pas masquer les défaillances politiques des dix dernières années qui ont conduit le système financier à poursuivre sa dérive. Les hommes n’étant que les complices ou les victimes de ce système, il convient donc de s’attaquer à la sphère financière”.

Effectivement,  il en va de la survie de la démocratie en Europe et de la République en France. Ces abus inqualifiables poussent de plus en plus de citoyens désarçonnés dans les bras des extrêmes, qu’il s’agisse du FN en France, des populismes régionaux en Espagne, du parti anti-euro récemment créé en Allemagne, ou de l’Upik, au Royaume Uni, qui obtient des résultats inquiétants aux élections locales.

Certes, le président n’a pas à répondre des agissements passés de Jérôme Cahuzac, et sa réaction face au scandale montre que sa conception du pouvoir et de la République est à la hauteur des attentes exprimées par les Français il y a un an.

On a tendance à l’oublier : l’actuel chef de l’Etat est un homme intègre, étranger aux copinages du CAC-40, allergique au bling-bling et aux affinités électives corrosives. L’exigence de transparence qu’il a formulée aux ministres et la gravité qui s’impose dans les charges qui sont les siennes sont aux antipodes des postures de son prédécesseur. La présidence normale, c’est aussi ça. Le changement, c’est notamment la tolérance zéro face aux fautes de ceux qui devraient montrer l’exemple.

La majorité travaille

François Hollande et le gouvernement Ayrault ont mis en place nombre des engagements du candidat: Banque Publique d’Investissement, hausse du plafond du livret A, réforme de l’ISF, mariage pour tous, emplois d’avenir, contrats de génération, retrait d’Afghanistan, discipline budgétaire.

Bien sûr, sur le plan intérieur, tout n’est pas achevé: on ne corrige pas dix années d’incohérences en un an. Passons d’ailleurs sur les commentaires peu amènes des ex-ministres UMP responsables du désastre budgétaire français qui tentent de se refaire une virginité à coups de déclarations tonitruantes sur les plateaux télé mais qui brillent par leur absence au parlement. Trop occupés à dresser un bilan biaisé de la 1ère année de François Hollande, ils passent sous silence celui des dix dernières années où ils étaient au pouvoir.

Sur le plan européen, l’agenda semble paralysé par les élections allemandes de l’automne prochain. François Hollande demeure toutefois l’espoir des pays (de plus en plus nombreux) qui souffrent des politiques d’austérité dont plus personne aujourd’hui n’ose penser qu’elles recréeront les conditions de la croissance.

L’Europe, dont s’éloignent inéluctablement les citoyens convaincus que la force des lobbys, les collusions d’intérêt et les conseils « technocratiques de Bruxelles » supplantent les décisions démocratiques, devrait pourtant être la solution. L’Europe, et surtout  l’Allemagne, sont devenues aux yeux de beaucoup le principal problème. Transformer l’Allemagne en bouc-émissaire des frustrations européennes est trop facile. N’oublions pas que Mme Merkel n’est que l’émanation actuelle de la coalition chrétienne-démocrate-libérale allemande qui est au pouvoir à Berlin. Elle ne fait que reproduire le discours classique d’une droite opposée à la redistribution des richesses, rétive à la solidarité, docile avec les forces de l’argent. Quand la droite française, divisée, aura enfin un interlocuteur légitime à nous proposer, nous verrons que son discours ne sera pas moins idéologique que celui de Mme Merkel.

Ne nous leurrons pas: les politiques dites d’austérité ne visent pas à remettre en ordre des budgets nationaux en mauvaise santé – les résultats sont là pour en témoigner. Les mesures d’austérité mises en place partout où la catastroïka s’est invitée servent les intérêts de quelques-uns au détriment de tous: la mercantilisation, la dérèglementation à outrance, la réduction de l’Etat à sa minimale expression ne servent que ceux qui se nourrissent des restes du futur cadavre. L’Histoire dira peut-être un jour quelles collusions étaient à l’origine de beaucoup de décisions prises dans les différentes capitales européennes.

En France, au contraire, le sérieux budgétaire, comme le souligne Arnaud Leroy, ne vise pas à “renoncer au désendettement, à la maîtrise des dépenses”, mais à “en discuter le rythme et les modalités” (tribune du 26 avril: http://www.arnaud-leroy.fr/fr/tribunes.html). L’entrée en récession officialisée cette semaine nous renforce dans cette opinion : l’Europe a besoin d’un plan de stabilisation sociale et de relance économique.

La section madrilène du PS observe donc avec espoir les avancées obtenues après la première année de mandat de François Hollande et de notre député Arnaud Leroy. Certes, beaucoup reste à accomplir, surtout dans la réorientation des politiques européennes sur le chemin de la croissance. En ce sens, les annonces faites hier par le président de la République montrent que la France n’est pas dans  une position de suivisme aveugle pro-austérité : lutte réelle contre la fraude fiscale,  mobilisation de fonds européens pour l’emploi des jeunes, convergence européenne dans le domaine de la transition énergétique, gouvernance économique unique.

À Madrid, où nous sommes témoins aux premières loges de l’immense gâchis des politiques d’austérité (à renommer: de démantèlement), les attentes sont très fortes quant à l’offensive européenne annoncée. Il n’y a personne, en Europe, de plus légitime que François Hollande pour redéfinir les urgences en termes de croissance,  d’emploi et de justice sociale : une étape essentielle, à un an des élections européennes, dans la difficile réconciliation des Européens avec la politique.

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